Tension dans la péninsule Coréenne

Dans la nuit du 2 au 3 septembre 2017 à Punggye-ri, au nord de la péninsule Coréenne, a eu lieu le 6ème essai nucléaire Nord Coréen. Deux secousses de magnitudes de 6.3 et de 4.6 sur l’échelle de Richter ont été ressentis suite à l’explosion.

 

tension dans la péninsule coréenne

La péninsule Coréenne a de nouveau été secouée le week-end dernier. D’une puissance estimé à 120 kilotonnes, la nature de la bombe serait cette fois thermonucléaire ou bombe H (hydrogène). La Corée du nord semble donc avoir franchie un nouveau palier technologique dans le développement de son arsenal.

De plus les récents tirs de missiles balistiques de différentes portées semble laisser croire que cette dernière ogive serait adaptable pour des missiles continentaux, les 3/4 du globes serait donc atteignable par la nouvelle arme à la disposition de Pyongyang. Voyez-ici les différents missiles actuellement en service au sein des principaux arsenaux dans le monde.

tension dans la péninsule coréenne
Cette carte ne tient pas compte des missiles intercontinentaux.

Cette rhétorique a lieu dans un contexte de montée de tension avec pour principaux acteurs : Les deux Corée, le Japon, la Chine et les Etats-Unis.

Depuis 1953 et la signature du traité de non agression les deux etats coréens ne sont pas en paix mais en état de guerre au regard du droit international. Bien qu’il y est toujours eu des regains de tensions depuis la signature du pacte, la zone tampon n’a jamais été franchise massivement par les troupes du nord ou du sud et ce depuis plus de 60 ans (bien qu’il y est eu sporadiquement des raids de commandos de part et d’autre).

Les principaux accrochages entre les deux pays ont plutôt eu lieu sur les mers. 

En 2007 un sommet inter-coréens, (seulement le deuxième depuis la fin du conflit) réunissant les deux leaders de chaque pays à vu une déclaration commune de paix et une éventuelle réunification.

En 2009 et en 2010 plusieurs accrochages ont eu lieux sur la zone de la  Northern Limit Line.

 

tension dans la péninsule coréenne
Northern Limit Line

 

Puis le 27 Mai 2009 deux jours après le second essai nucléaire nord coréen Kim Jong-Il déclare ne plus être liée par l’armistice qui avait vu la fin des combats lors de la guerre de Corée en 1953.

En Mars 2013, un mois après un nouvel essai nucléaire, Kim Jong-Un annonce être de nouveau en état de guerre contre la Corée du Sud, sans pour autant entamer des manœuvres ou l’ouverture des combats. 

Cependant pour les deux gouvernements la Corée n’est pas en guerre d’un point de vue du droit international, en effet pour eux ils s’agit d’un conflit interne visant à restaurer l’autorité de leurs gouvernements contre des rebelles (Nord ou Sud suivant le point de vue).

Le Japon est le principal allié Américain en Asie. Plus de 40 000 soldats US sont stationnés en permanence sur l’archipel, avec Okinawa comme base principale. La 7ème flotte Américaine s’est vue renforcée ces dernières années par le « Pivot vers l’Asie » comme l’avait annoncé Barack Obama. Elle comprend désormais 7 des 10 porte-avions Américains ainsi que 8 des 14 SNLE (Sous marin Nucléaire Lanceur d’Engins). Ce pivot s’est effectué dans le but de contrebalancer l’expansion Chinoise et de tenter de la confiner à la seul mer de Chine, pour rassurer les alliés US ainsi que garder une supériorité maritime face au développement de la marine Chinoise.

 

 

 

L’ont peu constater que les forces armées Américaines sont donc bien présentes en Asie, aux portes de la Chine, au confins de la Russie et à portée de canons de la péninsule Coréenne. Prête à « épauler » leurs alliés Coréens et Japonnais.

Mais revenons aux provocations Nord-Coréennes. Les récents tirs de missiles et l’essai de la bombe H ordonnés par Kim Jong-Un est en fait une réponse aux provocations verbales et militaires Américaines. En effet une fois par an les armées de la Corée du Sud et Etats-Uniennes organise des exercices de grandes ampleurs, dans la péninsule coréenne rassemblant pour cette année plusieurs dizaines de milliers de soldats des deux armées (60 000 selon certaines sources). Des exercices de tirs réels ont aussi été menés ainsi que le lancement de missiles sol-sol américains et sud-corée, l’emploi de bombardiers lourds, d’avions furtifs et de la marine des deux pays.

En réaction Kim Jong-Un, qui à vu que les pays non alignés à la politique hégémonique US, acceptant de désarmer, tel que la Libye, l’Irak, l’Afghanistan ont été détruits, à procédé au lancement de plusieurs nouveaux missiles continentaux ainsi qu’a l’essai nucléaire souterrains ayant eu lieu entre le 2 et le 3 septembre.

On le voit l’escalade ne semble pas prêt de se calmer…

La Chine, ce géant endormi : 

 

Cependant bien que la tension semble palpable dans la péninsule Coréenne, le facteur Chine est à rentrer dans les calculs.

En effet l’armée Chinoise à participé à la guerre de Corée de 1950. Depuis lors elle n’a eu de cesse de ce prémunir en rattrapant le retard technologique qu’elle avait sur son homologue US. Bien qu’on ignore le réel potentiel de l’Armée Populaire de libération de Chine, les chiffres officiels semblent très loin de la réalité. Et il ne fait aucun doute que la Corée du Nord, faisant office d’état tampon contre l’affluence US, ne restera pas les bras croisés en cas d’agression Américano-Coréenne. La ligne rouge a été tracée par Pékin dans un éditorial du Global Times. Si la Corée du Nord agit contre le Sud, la Chine ne bougera pas mais en cas d’agression Américaine, le géant asiatique s’éveillerait et menerais une guerre tout azimut pour sanctuariser ses lignes de défenses vitales.

Le Président Américains Donald Trump, aimerait sanctionner économiquement les pays soutenant le commerce avec la Corée du Nord (ils sont 38 actuellement à commercer avec Pyongyang). Le principal soutient au régime Nord Coréen n’est autre que la Chine, à n’en pas douter cette action mènerait le président Américain dans une situation délicate (le volume d’échange commercial des deux pays dépasse les 3000 milliards de Dollars).

A dire vrai la Corée du nord ne craint plus grand chose en terme d’embargo ou de guerre financière, tellement elle a déjà été atteinte par le passé, son économie ne s’en est jamais relevée et Pyongyang ne table pas dessus à court terme. On peu y voir plus de l’agitation médiatique de la part des Occidentaux ne voulant pas perdre la face dans les médias, plutôt que de la détermination à réellement empêcher la nucléarisation de la péninsule Coréenne. Seul la détermination à mettre au point un arsenal nucléaire viable à permis à ce pays de résister à l’expansion US et à garder son indépendance nationale (au prix de bien des sacrifices pour sa population….). De plus il semblerait que le développement d’un arsenal EMP (Impulsion Électro-Magnétique) avance bon train et permettrait à Pyongyang d’aveugler les satellites ennemis en cas de conflit.

Récemment la marine Sud-Coréenne a entamé des exercices navals à munitions réelles, Pyongyang observe ceci avec une extrême méfiance et un accident peut toujours survenir. La Russie et Chine prône le retour au dialogue avec tout les principaux acteurs avant que l’escalade ne dégénère en conflit et appellent à ne pas recourir de nouveaux aux sanctions qui seront sans effet mais auront un impact négatif sur les relations diplomatiques avec Pyongyang. Les Occidentaux à l’inverse ferment la porte au dialogue et exige des sanctions plus sévères à l’égard du régime le plus fermé du monde.

Nul ne sait comment aboutira cette crise mais espérons que le sang froid et la réflexion prennent le pas sur les va-t’en guerre pour sortir de cette dangereuse spirale de sur-enchère.

Au final la crise de la péninsule coréenne profite donc encore une fois aux USA, qui par ce biais peuvent déployé de manière avancer de l’armement lourd, tel que des bombardiers stratégiques (porteur de l’arme nucléaire) et des missiles de croisière à armement modulables, ainsi que des éléments avancés de leur bouclier antimissile loin de leurs frontières. Ce qui ne manque pas de faire bondir les gouvernements Russe et Chinois.

Loin de chercher l’apaisement, la politique étrangère US sème encore et toujours plus le trouble en profitant de chaque opportunitées pour étendre son influence et son potentiel militaire hors de ses frontières. 

 

Becker Laurent

 

Ici vous pourrez voir la rétrospective géostratégique de l’année 2016 avec les principaux faits marquant dans le monde.

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